Djibril Cissé

C’est sur un terrain de football que le petit Djibril marche pour la première fois à 9 mois. Le 9 s’annonce déjà comme un chiffre important (voir Encadré) dans la vie du jeune Arlésien. Ses premiers pas annonce une carrière toute tracée : il sera footballeur comme papa. Et comme Papin, son idole.

Après des débuts à 8 ans dans le club local, l’AC Arles, il part cinq ans plus tard en sport-étude à Nîmes où son explosivité sur le terrain séduira rapidement les recruteurs. Son choix ira vers le club alors champion de France, l’AJ Auxerre. Guy Roux saura trouver les mots pour convaincre l’adolescent et sa mère célibataire qui doit laisser partir son petit dernier.

L’entraîneur charismatique fera de son protégé un champion.

En 2001, Djibril Cissé devient une star du ballon rond. Dès la première journée du championnat, il inscrit 4 buts face au Stade rennais. L’avant-centre s’illustre devant les cages en devenant le meilleur buteur de la saison avec 22 réalisations et se retrouve ainsi convoqué en équipe de France. La consécration suprême pour cet amoureux du Maillot Bleu qu’il n’aura de cesse de porter encore et encore.

Il poursuit son aventure bourguignonne encore deux ans et reste inscrit dans l’Histoire de son club formateur avec 90 buts. Il n’oubliera jamais Guy Roux à qui il voue une affection toute particulière : en effet, le coach papa-poule incarnera ce père qu’il n’a pas eu (voir «Un lion ne meurt jamais » aux éditions Talent Sport). Lui-même devient papa à 20 ans d’une petite Ilona.

Sollicité par Gérard Houllier pour venir gonfler les rangs du Liverpool FC, Djibril Cissé part pour l’Angleterre avec une envie folle d’en découdre avec les meilleurs joueurs de la Premier League. Malheureusement, après des débuts difficiles, il se blesse le 30 octobre 2004, victime d’une double fracture tibia-péroné à la jambe gauche. Ecarté des terrains pendant six mois, il revient de convalescence plus motivé que jamais et gagne auprès de ses coéquipiers, la Ligue des Champions.

La saison 2005-2006 est compliquée au sein de son club car le nouvel entraîneur, Rafael Benitez ne semble pas désireux de le faire évoluer à son poste de prédilection. Le club britannique décide de le prêter à l’Olympique de Marseille.

Alors qu’il joue un dernier match de préparation avec les Bleus face à la Chine, il se blesse de nouveau la veille de son départ pour l’Allemagne, organisatrice de la Coupe du monde 2006. De nouveau double-fracture tibia-péroné mais à la jambe droite. Si le sort semble s’acharner contre lui, Djibril préfère penser que tout arrive pour une raison et qu’il reviendra. Encore. « Un lion ne meurt jamais, il dort », un proverbe africain qu’il a encré dans la peau et inscrit dans le cœur.

Djibril Cissé

Un cœur qui bat pour l’OM depuis la plus tendre enfance, comme tout bon minot du Sud.

Son arrivée dans le stade Vélodrome après six mois de convalescence consécutifs à la gravité de sa blessure résonne comme un retour en Terre Promise. A Marseille, Djibril peine à trouver ses marques mais réalise toutefois deux saisons dont il n’aura pas à rougir malgré les critiques : 22 buts toutes compétitions confondues ça se défend. La preuve, les supporters marseillais le gardent dans leur cœur encore aujourd’hui.

L’attaquant s’envole de nouveau pour l’Angleterre au mois d’août 2008, prêté par le club phocéen. Sunderland ne lèvera pas l’option d’achat après une saison en demi-teintes.

C’est alors que le Panathinaïkos avance ses pions : une offre mirobolante séduit Djibril qui s’installe à Athènes avec un contrat de quatre ans. Un transfert historique pour le club grec qui grâce à cet investissement réalise le doublé Coupe-Championnat dès la première année. Les supporters feront de Djibril un Dieu vivant au pays de l’Olympe ; il saura les régaler avec quelques 55 buts en 89 matches.

Quand la crise pointe son nez, le club libère son attaquant vedette qui signe alors à la Lazio de Rome. Six mois et cinq buts plus tard, il retourne une nouvelle fois en Angleterre où vivent ses trois garçons, Cassius, Prince Kobe et Marley Jackson.

Djibril Cissé
Djibril Cissé

Recruté pour gonfler les rangs des Queens Park Rangers, il permet au club de rester en Premier League. Le club n’ayant pas les moyens de le garder, il est prêté au Qatar pendant six mois. Il accepte cet exil financier pour prendre un peu de recul : il est en effet en train de divorcer.

Mais son envie de retrouver l’équipe de France et d’atteindre les 100 buts dans le championnat tricolore (son compteur s’arrêtera malheureusement à 96) le pousse à refuser l’offre du Al-Gharafa SC de rester. Après un passage anecdotique par le club russe du FC Kouban Krasnodar, Djibril Cissé signe avec le Sporting Club de Bastia. Il y rencontre l’amour et voit naitre son quatrième garçon sur l’Ile de Beauté, Gabriel.

Sur le terrain, il est l’ombre de lui-même, gêné par une douleur très handicapante à la hanche. Le verdict tombe : une arthrose avancée l’oblige à se faire opérer de la hanche. Il lui faut une prothèse. Le 23 mai 2015, il joue les dix dernières minutes contre Marseille au Vélodrome, où le public lui réserve une énorme ovation pour son dernier match.

Difficile pour lui de remiser les crampons alors que le football est toute sa vie. Invité à rejoindre la Jeunesse sportive saint-pierroise à la Réunion, il est rappelé à l’ordre par son corps. Son mental de lion ne pourra rien y changer. A 34 ans, le buteur aux 249 buts s’apprête à changer de vie et donner libre-cours à sa fantaisie créatrice. Le rêve de rejouer un jour ne l’abandonne pas tout à fait.

« Ne me jugez pas sur mes succès, jugez-moi sur le nombre de fois où je suis tombé et où je me suis relevé à nouveau », avait dit Nelson Mandela, véritable source d’inspiration pour Djibril, l’incassable.

Djibril Cissé

Si au vu de ses extravagances capillaires, on pourrait penser que Djibril a souvent changé de look, il n’en a jamais eu qu’un seul : le sien.

« Je n’ai jamais voulu suivre la mode, je suis MA mode. Un style que j’ai choisi et que je me réinvente au quotidien ».

Plutôt amateur d’un style qui en effet lui est propre, le footballeur a développé une véritable passion pour le stylisme. Même s’il ne dessine pas lui-même ses créations, Djibril Cissé est à la direction artistique de la marque qu’il a créée en 2012. La décision finale lui revient pour valider chacun des modèles élaborés en fonction de sa personnalité et de ses goûts particuliers pour une mode au style moderne et éclectique. Les motifs qui viennent orner les tee-shirts et autres sweats reflètent son identité (Voir Encadrés).

C’est en relation avec une anecdote de son enfance que Djibril a baptisé sa marque Mr Lenoir. Quand dans son quartier du Barriol à Arles, les copains l’appelaient « le Noir », il leur répondait : « pas le Noir. MONSIEUR Le Noir ». Il ne s’agissait pas pour lui d’une revendication communautaire mais plutôt de prendre du galon. Etre un monsieur pour lui, c’est être un homme droit. Quelqu’un de bien dans sa peau et ses baskets. C’est l’idée qu’il a voulu mettre dans sa gamme de vêtements street-chic : une ligne qui s’adresse à tous, avec une volonté de se singulariser en toute décontraction.

Mr Lenoir propose un mix de vêtements classiques et de pièces aux coupes originales, avec des imprimés colorés et imagés.

Djibril s’associe régulièrement à de jeunes créateurs talentueux avec lesquels il crée des collections en série limitée, telle cette gamme de lunettes en collaboration avec le lunetier Laurent Balducelli ou encore la basket lumineuse avec la marque française Wize&Ope.

Passionné par la décoration d’intérieur, il a lancé en 2016 une collection capsule de chaises et de coussins en partenariat avec le site de vente en ligne de mobilier design, Mondesign.com. Les chaises originales présentées lors de la Skull Party sont une alliance de matières nobles, telles que le bois et le verre acrylique signé Acrila, et d’imprimés Skull rock présents dans la gamme vestimentaire Mr Lenoir. Le tout Made In France !

D’autres collaborations avec des designers et autres créateurs devraient rapidement voir le jour sur le site www.mrlenoir.com.

Numéro 9 :

Un avant-centre ne peut pas être heureux sans porter le N°9 ! C’est le numéro mythique de Ronaldo, le Brésilien aux deux Ballons D’Or, de Gabriel Batistuta, de Marco Van Basten, de Raul et autres Gerd Müller. Pour Djibril, c’est surtout le numéro de son idole : Jean-Pierre Papin. Etre un attaquant de pointe correspondait parfaitement à la personnalité de Djibril : il faut être très fort psychologiquement pour encaisser tous ces buts qu’on n’a pas marqués.

Son point fort : une très grande vitesse de pointe qui le porte « Droit au but », telle la célèbre devise de l’Olympique de Marseille.

Djibril Cissé
Djibril Cissé

Le Lion :

On retrouve le Lion dans chacune des collections de Mr Lenoir depuis sa création.

Djibril Cissé est né un 12 août 1981 à Arles sous le signe du lion. Ainsi, il se sent proche de cet animal qui incarne son signe astrologique.

« L’homme Lion est chevaleresque : il sait allier à merveille le charme et la puissance. En revanche il n’est pas fin psychologue et a parfois du mal à comprendre les réactions humaines, principalement féminines. Il est doté d’une autorité naturelle et parvient à mener ses troupes sans être trop tyrannique, contrairement à son ami, l’homme Bélier. L’homme Lion est aussi un grand rêveur et un idéaliste qui souhaite accomplir de grandes choses pour rendre le monde meilleur. Il a une bonne opinion de lui-même et peut se montrer légèrement orgueilleux face aux critiques. Mais il est aussi courageux et honnête, il respecte les plus faibles et n’hésite pas à prendre leur défense. Il aime les personnalités sans travers ni vices, et ne supporte pas les mesquineries. Il peut être aussi assez timide, contrairement à ce que laisse penser sa carapace d’assurance. »

D’autre part, le roi de la jungle figure sur les armoiries de la ville d’Arles, sans que l’on sache précisément pourquoi : référence aux armoiries des anciens roi d’Arles, hommage à la République de Venise avec laquelle la cité est liée par un traité d’amitié... Quoi qu’il en soit, au Moyen-Âge, le lion évoque la force, le courage et la générosité. Des valeurs qui ont traversé les siècles et qui restent d’actualité pour Djibril. (cf http://www.patrimoine.ville-arles.fr/document/lion-arles-archives.pdf)

Il se retrouve dans le félin qui sait se faire entendre si nécessaire. Les rugissements du footballeur sur le terrain sont aussi célèbres que ses coupes de cheveux.

« Un lion ne meurt jamais, il dort. »

Ce proverbe africain trône tatoué sur le dos de Djibril est devenu sa devise et le titre de son autobiographie.

Le skull (le crâne ou tête de mort) :

Comme le lion, on retrouve le skull dans chaque nouvelle collection de Mr Lenoir. Djibril affectionne particulièrement ce visuel qu’il décline à volonté. « Ça doit venir de mon côté rock-n’roll » confesse t-il avec amusement. C’est vrai que dans sa garde-robe, il collectionne les mitaines en cuir, les clous et autres franges pour agrémenter ses tenues.

Djibril Cissé